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Selon une étude de l’INSEE en 2024, 8 femmes sur 10 déclarent être insatisfaites de leur apparence.
En effet, les médias, publicités, réseaux sociaux et même notre entourage nous bombardent de messages implicites : "Sois mince, mais pas trop. Sois musclée, mais pas trop. Sois naturelle, mais soignée.'"
Ces injonctions contradictoires créent un climat de doute permanent, où la quête de la perfection devient une course sans fin, souvent au détriment de sa santé physique et mentale.
Depuis quelques années, des voix s’élèvent pour dénoncer ces standards irréels. Des mouvements comme le #BodyPositivity ou le #EffYourBeautyStandards gagnent en visibilité et les marques et médias commencent à devenir plus inclusifs.
Malheureusement, certains préjugés persistent encore dans le monde de la santé et du sport...
Depuis des décennies, et encore aujourd’hui, un corps mince reste souvent associé à la santé, à la réussite et à la beauté.
Dans les années 1960–1980, l’industrie des régimes explose. Les lobbies agroalimentaires et pharmaceutiques orientent alors leur business vers des compléments minceurs et solutions miracles pour conforter ce lien entre minceur et santé aux yeux des consommateurs.
Mais d'où vient cette fausse croyance ?
Tout part d'un outil de référence : l'IMC (1).
Créé en 1832 par le mathématicien Adolphe Quetelet, l'IMC était à l’origine un outil statistique pour étudier les populations. Pourtant, au XXe siècle, les assureurs et les médecins l’ont adopté pour évaluer les risques individuels, sans adapter son interprétation.
Malgré son utilisation généralisé, l'IMC ne prend pas en compte :
le rapport densité musculaire / densité de masse graisseuse,
le rapport graisse viscérale / graisse sous-cutanée,
la densité osseuse,
les différences morphologiques et biologiques (Les femmes ont naturellement plus de graisse corporelle que les hommes)
l'âge (en vieillissant, la masse musculaire diminue et la masse grasse augmente)
L'IMC est aujourd’hui appliqué sans nuance à des millions de femmes et d'hommes, comme s’il pouvait résumer à lui seul notre état de santé et notre condition physique.
Il est donc important de prendre en compte tous ces facteurs lorsque vous souhaitez faire un bilan corporel.

Notre société associe souvent le sport à un corps musclé, tonique et athlétique, réduisant ainsi notre performance à la taille de nos biceps ou à la définition des abdominaux.
Pourtant, de nombreux sportifs professionnels ont des physiques loin des stéréotypes.
Des cyclistes aux sumotoris en passant par les danseurs, les rugbymen, les strongmen, il existe une grande diversité de physiques différents !
Certains sport requièrent des conditions physiques bien spécifiques pour être performant :
En sport d'endurance (cyclisme, marathon...), l’efficacité énergétique (rapport poids/puissance) prime sur la masse musculaire. Un·e coureur·se trop musclé·e dépenserait plus d’énergie à se déplacer.
En rugby, la puissance, la résistance aux chocs et la masse sont plus importantes que la définition musculaire.
Certains rubymen professionnels ont même un IMC supérieur à la normal qui les classent en "obésité" alors qu'ils ont une excellente condition physique.
Cela renforce l'idée que l'IMC n'est, encore une fois, pas un indicateur fiable pour juger de la condition physique d'une personne (2).

De nombreux stéréotypes dans le milieu du sport associent souvent la performance artistique ou sportive à un physique normé, mais la réalité est bien différente.
Par exemple, en danse, la souplesse est une qualité clé pour pouvoir effectuer des mouvements amples et expressifs. Malgré les idées reçues, elle ne dépend absolument pas du poids ni de la morphologie.
Des études (3) soulignent que la souplesse est liée à la configuration articulaire, à l’élasticité des tissus et à l’entraînement, et non à l’apparence physique.
Ainsi, une danseuse en surpoids peut tout à fait exceller dans des disciplines exigeant une grande amplitude de mouvement, comme la danse contemporaine ou le yoga, si elle travaille sa mobilité et sa technique. La performance repose avant tout sur la maîtrise corporelle, la persévérance et la sensibilité artistique, bien plus que sur des critères esthétiques préétablis.
Tout est finalement une question d'entraînement, de régularité et de volonté.
Une étude de l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance) (4) souligne que les athlètes aux morphologies atypiques peuvent exceller en capitalisant sur leurs points forts spécifiques. L’auteur, Pierre Jouvenet-Gilquin, explique que plutôt que de chercher à correspondre à un standard, il est plus efficace de renforcer les atouts naturels de chaque athlète, même s’ils s’éloignent des canons traditionnels.
Il est donc possible d'avoir un corps qui sort des dictates et d'exceller dans sa discipline.

L’inclusion dans le sport et la santé est cruciale car elle garantit que chacun, quelles que soient ses origines, ses capacités ou ses différences, ait accès aux mêmes opportunités.
Les bénéfices de cette inclusion sont multiples :
Lutter contre la sédentarité et les discriminations :
30 % des adultes et 80 % des adolescents ne respectent pas les recommandations d’activité physique de l’OMS (source : Santé Publique France). Parmi les freins : la peur du jugement (ex. : "Je n’ai pas le physique pour faire ce sport") ;
L’inclusion morphologique démystifie ces croyances et encourage toutes les morphologies à pratiquer, réduisant ainsi les risques de maladies chroniques (diabète, obésité, dépression).
Améliorer la santé mentale et l'estime de soi :
Les études en psychologie du sport (ex. : STAPS, 2018) (5) soulignent que l’exclusion morphologique (moqueries, pression pour correspondre à un idéal) peut mener à :
Anxiété et troubles du comportement alimentaire (ex. : anorexie chez les danseuses, bigorexie chez les haltérophiles) ;
Décrochage sportif, surtout chez les jeunes (130 000 adolescents quittent le système éducatif sans diplôme en France, dont une partie à cause du manque de confiance en leur corps).
Faire avancer les innovations et recherches scientifiques :
Recherche en biomécanique : Étudier des athlètes aux morphologies variées permet de comprendre les limites humaines et d’innover (ex. : combinaisons de natation adaptées aux nageurs trapus, chaussures de running pour les pieds larges...) ;
Médecine du sport : L’inclusion pousse à développer des protocoles de rééducation et des outils d’évaluation plus inclusifs (ex. : tests de force relative plutôt que de poids absolu) (6).
L’inclusion dans le domaine du sport et la santé ne se limite pas à une question d’équité : elle est un levier essentiel pour lutter contre la sédentarité, préserver la santé mentale et stimuler l’innovation. En brisant les barrières morphologiques et sociales, elle permet à chacun de s’épanouir, tout en enrichissant les connaissances scientifiques et les pratiques médicales.
Investir dans l’inclusion, c’est donc investir dans un avenir plus sain, plus juste et plus performant pour tous.

Tout corps (n'ayant pas de contre-recommandations de santé) est capable d'atteindre des objectifs de performance dans un sport spécifique à condition de s'entraîner de façon adaptée, progressive et régulière.
Si vous souhaitez débuter dans une discipline sportive, n'hésitez pas à vous faire accompagner par à un coach professionnel dans ce domaine, qui pourra concevoir un programme adapté pour éviter de vous blesser.